Entretien avec Dany, coach des Seniors Masculins 1

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Saison 2026-2027 — propos recueillis le 4 août 2026

Tout le monde est très content, au niveau du club, que tu reprennes l’équipe cette saison 2026-2027. La belle fin de saison dernière nous laisse encore le sourire. Quelques questions pour présenter l’équipe, la saison, l’état d’esprit… Que représente pour toi cette deuxième saison, après avoir assuré le maintien ?

La première saison a été pour moi une saison de survie, après le début difficile qu’on a connu. On a survécu pendant plus des trois quarts du championnat. Au final, mission accomplie — mais ce n’est pas ce qu’on avait prévu : on avait prévu un maintien plus tôt !

Cette année, c’est une saison de construction. L’objectif est de stabiliser l’équipe. Et… construire ! On a posé les fondations en fin de saison dernière. Maintenant on veut monter les étages, un par un, sans trop se précipiter non plus.

Quels sont les effectifs conservés et les changements ?

Au niveau des changements, on a beaucoup de départs : Flo, Aubin, Alban et Nathan, des talents qu’on ne voulait pas perdre, mais qu’on perd malheureusement.

Ces joueurs partent, peut-être pour de meilleurs projets à leurs yeux — ils se sont vraiment développés cette saison. Nous, on reste dans la réalité du niveau national, par rapport à nos moyens. On fait toujours partie des petits clubs du championnat national aujourd’hui. Quand on voit les moyens des autres clubs, même de ceux qui montent !

On a aussi recruté : trois joueurs qui ont évolué au niveau au-dessus, et dont on pense qu’ils rentrent bien dans la philosophie qu’on veut mettre en place. Un peu plus jeunes. Et qui aideront peut-être à combler les manques de la saison dernière.

Justement, comment as-tu préparé cette saison ?

On a essayé d’identifier ces manques avec Patrick, en échangeant entre nous et avec les joueurs. Au niveau de l’état d’esprit, mais aussi au niveau athlétique. Sur ce point, le recrutement nous fait gagner : trois joueurs qui allient la verticalité et la course, en plus de leur talent. Individuellement, on aura de l’adresse et de la percussion, c’est certain.

On est assez satisfaits du recrutement. Maintenant, il faut que ça se traduise sur le terrain !

Qu’espérez-vous accomplir cette année ?

Le premier objectif, pour moi, c’est de rester dans la moitié haute du tableau. Sportivement.

Et puis il y a aussi l’humain. On s’est donné pour mission de changer certaines choses au niveau de l’état d’esprit : on s’est rendu compte qu’à un moment, on s’était un peu éloignés de l’esprit de ce club.

Il faut qu’on soit à l’image de ce que le club, les dirigeants et le public attendent de nous. Nos objectifs ne sont donc pas seulement des objectifs de performance.

Quelles sont les valeurs qui incarnent ce projet basket ?

Je parle d’engagement, d’exigence, de solidarité, de respect et de sens du collectif. C’est hyper important.

Comment construit-on ça au quotidien ?

C’est déjà de le vivre soi-même. Ce n’est pas mon projet, ce n’est pas ton projet, ce n’est pas le projet du club : il faut que ce soit nos projets. Il faut que les joueurs se sentent impliqués — je veux leur adhésion.

Pour emmener le groupe, on commence par ouvrir le chemin, mais il faut arriver à les faire venir avec nous : il faut donc qu’ils se sentent impliqués dans ce qu’ils font. Les joueurs ne doivent pas être seulement des consommateurs ! Le club s’occupe de nous, d’accord, mais on s’applique aussi à rendre.

Créer cette cohésion, ça commence au niveau du staff. Là aussi, il y a du changement : on a ramené de l’expertise, par exemple au niveau médical. On a un kiné, on a aujourd’hui un ostéo, on a un préparateur physique… Des gens qui le font bénévolement, un vrai engagement.

Créer cette cohésion, c’est aussi être à l’écoute des joueurs. Beaucoup échanger avec eux, pour qu’ils se sentent bien avec le staff et dans le club.

C’est très prometteur, et ça fait plaisir à entendre ! Mais il y a une mayonnaise qui doit prendre, avec des caractères différents, des profils différents, des temps de jeu différents. Y a-t-il un secret pour gérer ça ?

Il n’y a pas de secret. Je pense que la base, c’est d’être franc : qu’un joueur sache tout de suite ce qu’on attend de lui. Avoir un cadre. Ensuite, dans ce cadre, je laisse beaucoup de liberté. Mais il y a quand même un cadre dans lequel il faut rentrer pour pouvoir s’exprimer librement.

Qu’en est-il de la place des jeunes, actuels et à venir ?

C’est au cœur du projet. On en a parlé dès les premières discussions avec Patrick et avec Marc. On veut une équipe solide, avec des cadres, pour y faire germer notre vivier de la formation club, qui est de qualité. C’est aussi pouvoir attirer les bons jeunes talents des alentours, pour qu’on puisse encore mieux les former.

On a commencé l’année dernière, en intégrant déjà des jeunes du club : dans le cinq de base, on a quand même eu pendant un mois deux jeunes formés au club, Nathan et Baptiste. Et il y a Gabin qui arrive, il y a Timéo…

Le message que je veux passer à un jeune qui est à Fufu : tout le monde peut y arriver ! Il y a du travail, il y a des étapes à passer, bien évidemment. Mais nous, on n’est pas fermés !

Côté basket, tactique, terrain… as-tu envie de parler — sans trahir de grands secrets pour le reste du championnat — de ton système de jeu et de ta philosophie de coaching ?

Alors je ne parle pas de système : je parle de principes de jeu.

Ce que j’ai appris toutes ces années, c’est qu’on peut avoir un système… mais que pendant ce système, il faut savoir lire ce que la défense te donne ! C’est donc plutôt avoir des principes et, sur les temps forts, pouvoir lire et s’adapter à ce que la défense nous propose.

C’est là-dessus que j’axe notre travail : une structure d’entrée, mais j’exige des joueurs que sur chaque temps fort, on puisse si possible sanctionner les erreurs ou les choix défensifs qu’on peut exploiter facilement.

On veut une intensité défensive — important ! On veut courir dès que possible, arriver à jouer vite, et ensuite partager le ballon. C’est important pour moi. Et pour finir, jouer intelligemment : on peut partager le ballon autrement, lire le jeu ! On a des joueurs bien formés à Furdenheim, et les joueurs qu’on a recrutés sont pour la majorité passés par des centres de formation. On peut s’adapter, et pour moi le plus important, c’est cette lecture des situations sur les temps forts, plus que de connaître l’enchaînement d’un système.

J’entends « la base, c’est défendre, dès qu’on peut courir, et ensuite se partager le ballon » — et je me dis que j’aurais envie que toi et tes joueurs alliez le dire à nos jeunes ! Parce que c’est ce qu’on a envie de leur transmettre.

C’est ce qu’on veut. J’essaie de marteler une règle de 8 secondes. 8, 8 et 8.

Les 8 premières secondes : gagner un ballon et essayer d’aller au lay-up. Si on n’y arrive pas, dans les 8 secondes suivantes, trouver un tir ouvert sur un drive-and-kick ou sur des passes. Et si on arrive aux 8 dernières secondes, identifier le créateur ou le finisseur, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur.

Le message que je veux passer à nos leaders, c’est : l’idée, ce n’est pas qu’on vous donne la balle dès le départ, on va d’abord essayer de jouer collectivement. Mais si on est en difficulté dans les 8 dernières secondes, on va s’appuyer sur vous ! En 8 secondes, un joueur comme Romek, à l’intérieur, en un contre un, est capable de jouer. Le seul problème, c’est qu’on le jouait parfois trop tôt l’année dernière, et que la défense a fini par s’adapter.

Entre deux saisons, les ajustements comptent.

On a appris de la saison dernière ! Première chose : il nous manquait de la verticalité. On veut plus de rebonds. Ensuite, défensivement, sur les extérieurs, on n’avait pas assez de monde pour fermer les espaces. Les recrues vont nous amener plus d’intensité, surtout en défense : donc plus de ballons gagnés, et on peut les convertir en contre-attaques, parce qu’on a ces joueurs-là !

Quelle vision as-tu du club en fin de saison, et même au-delà, d’ici deux ou trois ans ?

Une équipe fanion dans laquelle on a fait attention à prendre aussi des jeunes. De quoi se projeter sur deux ou trois années, avec la perspective de rejouer peut-être la montée en N2 si l’occasion se présente — même si ce n’est pas une finalité en soi.

On reste sur la formation du joueur. On a envie d’instaurer une mentalité en adéquation avec les valeurs du club, et partagée par les joueurs.

Un certain nombre d’entre eux, en dehors du fait qu’ils soient joueurs, vont aussi être coachs. Ce sont donc eux qui seront en première ligne pour transmettre les valeurs de demain !

Dernière question : on n’a pas parlé d’eux… les supporters ! Comment définirais-tu ce qu’ils vont retenir de cette équipe ? En sortant du premier match à la salle, qu’as-tu envie qu’ils disent ?

Le début de saison, l’an dernier, ne nous a pas permis d’emmener les supporters avec nous. Je sais que c’est important — pour les joueurs déjà ! Sur la fin de saison, on a commencé à ressentir l’osmose avec eux.

Ce que j’aimerais mettre en place, c’est que nos supporters, nos bénévoles, nos jeunes arrivent à s’identifier à cette équipe.

La base, c’est de participer à la vie du club. J’en ai déjà discuté avec les joueurs : il faut qu’on soit plus visibles quand le club organise des manifestations, et moins consommateurs. Créer le contact direct avec les supporters et les bénévoles. Quand une manifestation est organisée, ils viennent, ils donnent un coup de main. S’il faut nettoyer quelque chose, les SM1 sont là. Et aller voir les plus jeunes.

Pour moi, les supporters doivent avoir l’image d’une équipe où les joueurs se battent, où ils sont combatifs. Je voudrais qu’ils sentent qu’il y a une équipe solidaire. Une équipe qui joue un beau basket, que les supporters prennent plaisir à venir voir.

Les gens qui sont dans la salle doivent sentir qu’on se bat avec nos moyens. Qu’on perde ou qu’on gagne, qu’ils sentent qu’on a tout donné sur le terrain.

C’est comme ça qu’ils vont nous suivre. Et notre salle, quand elle est pleine et enthousiaste, elle nous pousse, et on fait de bons matchs. Emmener les supporters vers nous, et leur donner l’envie de nous porter dans les moments difficiles.